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Applis mobiles : comment toucher les jeunes ?

 

Le public jeune sur mobile est un public qui zappe. Un bug, un lag, et c’est la désinstallation. Du contenu pas assez utile ou engageant ? Il est déjà passé à autre chose. Pas facile donc de capter son attention, de la retenir et surtout de lui proposer une expérience d’utilisation stisfaisante, tout en conservant une monétisation correcte.

Comment toucher les millenials

Alexandra Combeau, spécialiste en marketing mobile en est convaincue : pour toucher les jeunes, il faut faire un app qui corresponde parfaitement à leurs besoins. Pourquoi Snapchat est un raz de marée ? Parce que l’app est faite exactement sur les besoins du public jeune. Effectivement, Snapchat est aujourd’hui utilisé par 85% des moins de 18 ans, autant dire qu’elle est incontournable. Et si elle correspond si bien à leurs besoins, c’est qu’elle a été pensée entièrement en fonction de la fameuse pyramide de Maslow.

(c) Alexandra Combeau

 

Ensuite, pour réussir, il faut aller chercher ces utilisateurs là où ils sont, et ce n’est pas plus difficile que pour une autre cible, à condition d’utiliser les canaux adaptés. En revanche, attention prévient Grégoire Mercier, spécialiste du marketing mobile à la performance , il y a des formats pub qu’ils n’aiment pas du tout : tout format intrusif va générer un rejet immédiat, il faut absolument les éviter.

Un autre levier puissant pour toucher les jeunes, c’est le communautaire : faire recruter par ses propres utilisateurs les plus engagés de nouveaux utilisateurs cela marche extrêmement bien selon Alexandra Combeau. Le bouche à oreille reste lui aussi très efficace, la puissance de la recommandation sociale ne se dément pas. Pour aller plus loin, on peut également passer par les influenceurs. C’est ce que recommande Alexandre Jubien pour qui c’est un levier extrêmement puissant. Un bon exemple d’utilisation de ce levier est l’application Lipp et qui utilise les vidéos des influenceurs sur Snapchat.

Des startups de l’App Economy beaucoup plus matures utilisent également ce levier. C’est le cas par exemple de Lovoo (service de rencontres) en Allemagne qui fait ainsi la promotion de son appli.

 

Comment faire télécharger les millenials ?

S’il n’est pas très compliqué de toucher les jeunes, il est en revanche moins aisé de les faire télécharger une nouvelle application. Entre peu de place sur le téléphone et « app fatigue », il faut en moyenne 3 expositions au message avant d’obtenir un téléchargement sur cette cible.
Sur les réseaux sociaux avec les social ads on a un vrai carrefour d’audience et un targeting fin qui donne de bons résultats. Ailleurs, c’est plus compliqué.

 

Par exemple, la cible jeune passe énormément de temps sur les apps de messagerie mais il n’a pas de publicité dans la majorité des apps de de ce type. Pour le moment il est quasi impossible de passer par là pour déployer une stratégie d’acquisition. Viber, tango, Line font de la publicité mais cela reste naissant pour Grégoire Mercier. En réalité les apps majeures ne veulent pas trop y aller pour l’instant, en tout cas pas avant d’avoir acquis une base d’utilisateurs fidèles de beaucoup plus grande ampleur.

Reste un secteur très porteur, celui du jeu. En effet, les applis de jeux représentent un gros volume d’usage . C’est une bonne piste pour une campagne d’acquisition sur la cible millenials (Webedia a par exemple racheté Scimob et Gameloft a crée sa DSP pour diffuser de la publicité premium au sein de leurs jeux note Grégoire Mercier). L’utilisation des outils de download incentivés comme Tapjoy peut être encore utile pour générer du download, surtout par la partie vidéo, note également Alexandra Combeau.

Une autre piste intéressante, comme le remarque Alexandre Jubien, c’est de créer une application de jeu brandée. C’est la stratégie qu’ont suivie Milka et Oasis, avec des résultats franchement bluffants : plus d’1 million de téléchargements pour Milka et 16,5 millions de parties jouées.

Dans tous les cas, passer par des prescripteurs est indispensable. Si l’on regarde Melty par exemple, 56% de son audience se fait sur mobile, avec une énorme audience jeune. C’est l’un des plus gros prescripteurs en France. Attention toutefois, note Alexandre Jubien :  il est nécessaire d’adapter aussi le message. Le marketing de masse ne marche pas avec les jeunes.

 

Gestes, navigation : peut-on tout se permettre ?

Alexandre Jubien en est convaincu, sur la cible jeune, on n’est pas forcément dans l’application des principes UX standards. En fait on est même souvent face à un travail d’expérience utilisateur beaucoup plus compliqué. On peut (et même on doit ?) innover en terme d’interface. Et pour cela, l’idéal est de privilégier les designers jeunes, en phase avec les attentes du public Millenial.

Pour Grégoire Mercier, s’il faut que les fonctionnalités principales soient claires, il est important d’apporter du cool avec de la découverte de nouvelles fonctionnalités cachées. De mon côté je suis convaincue depuis longtemps que si Snapchat plait autant, c’est avant tout parce que l’app est contrintuitive, et segmentante.

En gros, elle est « interdite aux adultes » qui n’ont tout simplement pas les clés pour l’utiliser. C’est ce qui en fait le charme, mais surtout l’intérêt. Au delà, le nombre incroyable de vidéos Youtube détaillant des fonctions cachées démontre le côté ludique et communautaire de ce principe de design. Savoir utiliser les fonctions avancées de Snapchat, c’est swag.

Alexandra Combeau confirme : « l’effet Kinder Surprise » ça marche ! Elle l’a souvent vérifié auprès du public des gamers qu’elle connait bien. Et ça marche encore mieux auprès des utilisateurs les plus engagés dans le jeu.

 

Revenu inapp : quelle spécificités ?

Grégoire Mercier enfonce le clou : c’est beaucoup plus simple de générer du revenu inapp sur le public jeune que sur les cibles plus agées. Les faire payer pour du contenu virtuel n’est pas un frein, pour eux c’est une rémunération logique. Alors que pour les plus de 40 ans c’est un pas pas si simple à franchir.

Alexandre Jubien tempère. En effet, dans la musique cela reste très compliqué de monétiser sur la cible jeune. En effet, ils ont des revenus plus faibles et, note Alexandra Combeau, la panier moyen est moins élevé. Les « baleines », ces joueurs qui « font » la majorité de la monétisation d’un produit à achats InApp ne sont jamais des jeunes.

 

Et la suite ?

Les bots messenger et les apps dont l’interface est un tchat ont sans doute un très grand avenir. L’enjeu aujourd’hui est de s’inspirer des usages des apps de messagerie pour développer son propre produit. Alexandre Jubien cite par exemple le cas de Jam, un service de conciergerie pour les étudiants par sms. Très certainement à suivre de très près.

Cet article est un compte rendu d’une table ronde Girlz In Web de mai 2016 à laquelle ont participé :

– Myriam Saïdi • Appannie / Business Development Manager France & South Europe
– Alexandre Jubien • Mobile strategist
– Alexandra Combeau • Digital and Mobile Marketing Manager
– Grégoire Mercier • CEO Addict Mobile
– Virginie Clève • Digital Strategist largow

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Icône et screenshots : une clé de succès pour votre appli mobile

 

Ce sont souvent les grands oubliés de l’App Store Optimisation ou ASO : les éléments visuels. On travaille son titre, son texte, ses keywords et on oublie en fait le plus important : amener les utilisateurs sur la fiche store c’est bien, mais les faire télécharger l’application c’est mieux. Et pour cela, il faut convaincre l’utilisateur dès son arrivée sur la fiche store. Rien de plus efficace que l’icône ou les visuels pour cela.

D’abord parce qu’une icône moche impactera négativement la décision de l’utilisateur de télécharger. Personne ne veut d’une icône moche sur son téléphone. Et puis… une icône moche, cela annonce souvent une appli… moche. Ensuite parce qu’il faut se démarquer des autres applications, dans l’océan quasi infini d’apps à la proposition de valeur identique. En effet, quoi de plus banal qu’une app de météo, de réveil, de todo list, etc. Rien de mieux que le visuel pour cela, à condition de maitriser les principes de base de psychologie de la couleur et du storytelling visuel.

Je vous explique tout cela dans les slides ci-dessous, issues d’une conférence donnée en novembre 2016 aux AppDays. Vos remarques et ajouts sont les bienvenus via les commentaires.

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Google AMP pour l’e-commerce : c’est parti !

 

Google l’a annoncé le 22 aout sur son blog AMP HTML : on peut commencer dès maintenant à développer des pages AMP pour un site e-commerce. On se doutait que cela allait arriver mais on ne l’attendait pas si tôt. L‘initiative d’Ebay fin juin n’était donc pas un simple projet « pour plus tard » mais bien un début de développement d’une fonctionnalité à lancer à la rentrée.

Le site bien connu de petites annonces a en effet développé ces derniers mois un « POC » de pages de listing produit plutôt convainquant utilisant la technologie AMP. Si vous ne savez pas ce qu’est AMP, allez voir le guide Google AMP que j’ai publié au printemps dernier. Et on peut dire que le design proposé par Ebay sur ses pages AMP est franchement convainquant. Il ne manque franchement rien pour proposer une expérience fluide et agréable à un site e-commerce sur mobile : sliders, rebonds, listings, menu de navigation, …

Les pages AMP d’Ebay : franchement convainquant !

Restait une problématique à traiter : celle du panier d’achat. On imaginait attendre encore longtemps avant que Google ne lève ce principal frein. Mais il n’en est rien : sans doute pour pousser l’adoption la plus rapide par les éditeurs de site, Google n’attend pas la disponibilité de composants panier Magento, Prestashop, Woo commerce ou autre pour lancer AMP en e-commerce, en précisant que rien n’oblige les acteurs à basculer 100% de leurs pages sur AMP, et qu’ils peuvent sans problème établir un pont au niveau du panier entre page AMP et page HTML sécurisée. ceci étant dit, ils préconisent des pages mobile PWA (Progressive Web Apps) afin d’avoir la plus grande fluidité et rapidité d’affichage au passage entre AMP et non AMP.

Entre PWA et AMP, la question de disposer d’un site mobile ou responsive hors de ces technos se pose de plus en plus et les problématiques de contenu distribué augmentent chaque jour. A suivre (de près).

Pour en savoir plus, lire : Getting started with amp for e-commerce ou consulter le site AMP by example ouvert par Google récemment et qui permet de visualiser facilement tout ce que l’on peut faire avec les composants AMP. Pratique pour les designers, chefs de projet et marketeurs.

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Marketing mobile Nouveaux Ecrans

AdExchange sur iAd : une bonne nouvelle pour le marketing mobile !

Lancé en grande pompe en 2010, le produit publicitaire mobile d’Apple n’a jamais vraiment décollé. En cause : des conditions drastiques au lancement obligeant l’annonceur à passer par le studio de création d’Apple, le manque d’outils de suivi disponibles et le montant minimal de campagne d’1 million de dollars. Un paille…

Une autre limitation qui a très clairement freiné le développement d’iAd, c’est l’obligation de traiter en direct avec les équipes d’Apple, alors que la majorité des annonceurs sous-traitent le plus souvent leurs plans marketing à des agences qui gèrent pour eux la relation chronophage avec les plateformes.

4 ans plus tard, le nombre d’éditeurs d’applis mobiles ayant conscrit un contrat de régie chez Apple ne dépasse pas les 250 000 dans le monde. Même il s’agit le plus souvent de supports de grande qualité, les parts de marché de la régie iAd sont très faibles : moins de 3% du CA total de la publicité mobile dans le monde. Résultat : beaucoup d’emplacements restent vides, ce qui ne fait pas les affaires des éditeurs qui ne se bousculent pas au portillon. Et c’est bien insuffisant pour les ambitions du géant américain.

Mais cela pourrait changer très bientôt. En effet, Rubicon Project a annoncé qu’un accord venait d’être signé avec Apple pour la mise en place d’une plateforme de RTB. C’est une très bonne nouvelle pour les annonceurs, car avec ses supports de qualité, ses utilisateurs iTunes à haut revenu, ses 400 critères de ciblage et ses options de retargeting, Apple est une régie on ne peut plus attractive…

A l’heure où les marketeurs cherchent à présent des leviers pour générer du téléchargement de qualité tout en conservant un CPI convenable, iAd va se révéler très intéressant, même pour les petits budgets, et constituer une vraie alternative aux Facebook et Twitter Ads qui montaient fortement en puissance ces derniers mois dans les plans marketing.

C’est un revanche une moins bonne nouvelle pour les sites support, qui vont certes augmenter leur inventaire, mais voir dans le même temps baisser drastiquement leur CPM moyen. Pas sûr qu’ils s’y retrouvent tant que ça…

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Marketing mobile Nouveaux Ecrans

Promouvoir une appli mobile : 15 conseils pour réussir

Emerger sur les stores est devenu de plus en plus compliqué. Les places sont chères et les budgets pas extensibles. Alors comment y parvenir ? Le plus souvent, en mêlant astuces et bon sens, et en mixant les techniques classiques éprouvées et les nouveaux leviers web et mobile. L’objectif final : en mêlant les moyens gratuits et les moyens payants, on optimise ses budgets de campagnes et on fait baisser son cout moyen par installation (ou CPI). Lors des Appdays 2014, la conférence annuelle des développeurs et marketeurs de l’industrie du mobile, nous avons eu l’occasion mon ancienne consoeur de Radio France Solenn Mazuet et moi-même de présenter les principaux leviers que nous avons activé pour accompagner le lancement de plusieurs applis pour la groupe Radio France, dont j’étais jusqu’à cet été Directrice Marketing & Opérations.

Earned, owned, paid et shared

La stratégie gagnante, c’est d’activer dans son mix marketing mobile 4 types de leviers.

Earned, Owned, Shared, Paid : les 4 leviers d'un bon mix marketing mobile
Earned, Owned, Shared, Paid : les 4 leviers d’un bon mix marketing mobile

– Owned : les supports que l’on possède directement ou indirectement. Site internet, plaquettes et supports de communication, appli mobile, profils sociaux, emplacements « physiques » déjà acquis ou déjà payés ans le cadre d’une autre opération

– Earned : les supports que l’on peut acquérir via des actions de communication. Retombée presse, articles de blogs

– Paid : les supports que l’on paie. RTB, social Ads, Adwords, publicité display, affiliation, etc.

– Shared : les supports de partages sociaux. Tweets d’influenceurs et d’ambassadeurs de marque, bouche à oreille, liens depuis des sites ou des blogs

15 conseils pour générer beaucoup de téléchargements pour votre appli

1. Préparer en amont un « Kit promo »

Avoir à sa disposition tous les textes, formats publicitaires, visuels ou vidéo de promo avant la publication de l’appli

2. Faire feu de tout bois

Toute action de communication, tout plan déjà prévu quelque soit son usage peut servir à promouvoir votre appli. Vous avez déjà prévu un flyer pour promouvoir un évènement ? Insérez un encadré de promotion de votre appli avec un lien court type bitly

3. Feu sur l’autopromo

Programmez de l’autopromo display (en ciblant finement, comme pour une campagne payante) sur tous vos supports numériques ou physiques

4. La vidéo de démo n’est pas une option

Elle est incontournable pour votre visibilité sur les plateformes vidéo, pour les partages sociaux et aussi pour votre page appli sur les stores. L’humour est un plus si votre marque s’y prête et que ce n’est pas une « posture » vide de sens. Exemple ici avec la vidéo de démo de l’appli France Bleu foot, présentée par Jacques Vendroux, gâteau irlandais inclus :-).

 

5. Créer un site ou une page dédiée pour votre appli

Et mettez là en valeur par des rebonds sur le site. Linkez-là pour qu’elle se positionne en SEO. Il existe des tas d’outils gratuits ou pas chers pour cela : des outils pour créer une page comme Landr ou des thèmes WordPress tout prêts.

6. Soignez vos pages sur les stores

Elle doivent être lisibles, démontrer les bénéfices produit de votre app. Mettez un soin tout particulier à la réalisation de vos screenshots qui sont cruciaux pour la conversion.

7. Faites de l’ASO ou App Store Optimisation

C’est l’équivalent du SEO, mais pour les applications. 50% des téléchargements sur un store se font via le moteur de recherche interne de celui-ci, alors cela vaut la peine de se pencher sur la question… Post à lire sur Café Référencement pour tout savoir sur l’ASO

8. Pratiquez l’AB testing

L’AB testing dans l’appli c’est cher, mais on peut AB tester son icône, ses screenshots, son texte de présentation et d’autres choses à moindre frais avec un peu d’astuce.

9. N’oubliez pas les blogs spécialisés

Les blogs spécialisés sont très influents en recommandation d’apps. Ne les oubliez pas, et oubliez le blabla marketing pour vous adresser à eux.

10. Inscrivez-vous à des concours d’applis

C’est une autre manière de communiquer et de générer du buzz autour de votre appli.

11. Communiquez avec Apple au bon moment pour espérer un featuring

Il est très compliqué d’être sélectionné par Apple mais pas impossible, à condition de les informer 3 semaines avant le lancement de votre app et de leur envoyer toutes les informations requises.

12. Utilisez les leviers payants

Les adwords, adsense, Facebook ou Twitter Ads peuvent être très efficaces pour générer de l’installation. Admob et iAd aussi. Un mot d’ordre : tester.

13. Viralisez via la Twitter App Card

L’app Card Twitter, c’est gratuit et le taux de clic est très bon. A ne pas oublier…

14. Mettez vos covers sociales aux couleurs de votre appli

La cover est publiée dans le newsfeed sur Google+ et Facebook, sans oublier que beaucoup utilisez Twitter en version web. A ne surtout pas oublier donc…

15. N’oubliez pas la Smart App Banner

Elle permet d’afficher un bandeau proposant le téléchargement de votre appli depuis votre site web, lors de la consultation sur iPhone et iPad. Ca serait dommage de s’en passer… Plus d’infos sur le site d’Apple.

Retrouvez le détail de ces 15 conseils et plus encore dans le support de la conférence et dans une interview sonore réalisée lors des Appdays