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Marketing mobile

Applis mobiles : comment toucher les jeunes ?

 

Le public jeune sur mobile est un public qui zappe. Un bug, un lag, et c’est la désinstallation. Du contenu pas assez utile ou engageant ? Il est déjà passé à autre chose. Pas facile donc de capter son attention, de la retenir et surtout de lui proposer une expérience d’utilisation stisfaisante, tout en conservant une monétisation correcte.

Comment toucher les millenials

Alexandra Combeau, spécialiste en marketing mobile en est convaincue : pour toucher les jeunes, il faut faire un app qui corresponde parfaitement à leurs besoins. Pourquoi Snapchat est un raz de marée ? Parce que l’app est faite exactement sur les besoins du public jeune. Effectivement, Snapchat est aujourd’hui utilisé par 85% des moins de 18 ans, autant dire qu’elle est incontournable. Et si elle correspond si bien à leurs besoins, c’est qu’elle a été pensée entièrement en fonction de la fameuse pyramide de Maslow.

(c) Alexandra Combeau

 

Ensuite, pour réussir, il faut aller chercher ces utilisateurs là où ils sont, et ce n’est pas plus difficile que pour une autre cible, à condition d’utiliser les canaux adaptés. En revanche, attention prévient Grégoire Mercier, spécialiste du marketing mobile à la performance , il y a des formats pub qu’ils n’aiment pas du tout : tout format intrusif va générer un rejet immédiat, il faut absolument les éviter.

Un autre levier puissant pour toucher les jeunes, c’est le communautaire : faire recruter par ses propres utilisateurs les plus engagés de nouveaux utilisateurs cela marche extrêmement bien selon Alexandra Combeau. Le bouche à oreille reste lui aussi très efficace, la puissance de la recommandation sociale ne se dément pas. Pour aller plus loin, on peut également passer par les influenceurs. C’est ce que recommande Alexandre Jubien pour qui c’est un levier extrêmement puissant. Un bon exemple d’utilisation de ce levier est l’application Lipp et qui utilise les vidéos des influenceurs sur Snapchat.

Des startups de l’App Economy beaucoup plus matures utilisent également ce levier. C’est le cas par exemple de Lovoo (service de rencontres) en Allemagne qui fait ainsi la promotion de son appli.

 

Comment faire télécharger les millenials ?

S’il n’est pas très compliqué de toucher les jeunes, il est en revanche moins aisé de les faire télécharger une nouvelle application. Entre peu de place sur le téléphone et « app fatigue », il faut en moyenne 3 expositions au message avant d’obtenir un téléchargement sur cette cible.
Sur les réseaux sociaux avec les social ads on a un vrai carrefour d’audience et un targeting fin qui donne de bons résultats. Ailleurs, c’est plus compliqué.

 

Par exemple, la cible jeune passe énormément de temps sur les apps de messagerie mais il n’a pas de publicité dans la majorité des apps de de ce type. Pour le moment il est quasi impossible de passer par là pour déployer une stratégie d’acquisition. Viber, tango, Line font de la publicité mais cela reste naissant pour Grégoire Mercier. En réalité les apps majeures ne veulent pas trop y aller pour l’instant, en tout cas pas avant d’avoir acquis une base d’utilisateurs fidèles de beaucoup plus grande ampleur.

Reste un secteur très porteur, celui du jeu. En effet, les applis de jeux représentent un gros volume d’usage . C’est une bonne piste pour une campagne d’acquisition sur la cible millenials (Webedia a par exemple racheté Scimob et Gameloft a crée sa DSP pour diffuser de la publicité premium au sein de leurs jeux note Grégoire Mercier). L’utilisation des outils de download incentivés comme Tapjoy peut être encore utile pour générer du download, surtout par la partie vidéo, note également Alexandra Combeau.

Une autre piste intéressante, comme le remarque Alexandre Jubien, c’est de créer une application de jeu brandée. C’est la stratégie qu’ont suivie Milka et Oasis, avec des résultats franchement bluffants : plus d’1 million de téléchargements pour Milka et 16,5 millions de parties jouées.

Dans tous les cas, passer par des prescripteurs est indispensable. Si l’on regarde Melty par exemple, 56% de son audience se fait sur mobile, avec une énorme audience jeune. C’est l’un des plus gros prescripteurs en France. Attention toutefois, note Alexandre Jubien :  il est nécessaire d’adapter aussi le message. Le marketing de masse ne marche pas avec les jeunes.

 

Gestes, navigation : peut-on tout se permettre ?

Alexandre Jubien en est convaincu, sur la cible jeune, on n’est pas forcément dans l’application des principes UX standards. En fait on est même souvent face à un travail d’expérience utilisateur beaucoup plus compliqué. On peut (et même on doit ?) innover en terme d’interface. Et pour cela, l’idéal est de privilégier les designers jeunes, en phase avec les attentes du public Millenial.

Pour Grégoire Mercier, s’il faut que les fonctionnalités principales soient claires, il est important d’apporter du cool avec de la découverte de nouvelles fonctionnalités cachées. De mon côté je suis convaincue depuis longtemps que si Snapchat plait autant, c’est avant tout parce que l’app est contrintuitive, et segmentante.

En gros, elle est « interdite aux adultes » qui n’ont tout simplement pas les clés pour l’utiliser. C’est ce qui en fait le charme, mais surtout l’intérêt. Au delà, le nombre incroyable de vidéos Youtube détaillant des fonctions cachées démontre le côté ludique et communautaire de ce principe de design. Savoir utiliser les fonctions avancées de Snapchat, c’est swag.

Alexandra Combeau confirme : « l’effet Kinder Surprise » ça marche ! Elle l’a souvent vérifié auprès du public des gamers qu’elle connait bien. Et ça marche encore mieux auprès des utilisateurs les plus engagés dans le jeu.

 

Revenu inapp : quelle spécificités ?

Grégoire Mercier enfonce le clou : c’est beaucoup plus simple de générer du revenu inapp sur le public jeune que sur les cibles plus agées. Les faire payer pour du contenu virtuel n’est pas un frein, pour eux c’est une rémunération logique. Alors que pour les plus de 40 ans c’est un pas pas si simple à franchir.

Alexandre Jubien tempère. En effet, dans la musique cela reste très compliqué de monétiser sur la cible jeune. En effet, ils ont des revenus plus faibles et, note Alexandra Combeau, la panier moyen est moins élevé. Les « baleines », ces joueurs qui « font » la majorité de la monétisation d’un produit à achats InApp ne sont jamais des jeunes.

 

Et la suite ?

Les bots messenger et les apps dont l’interface est un tchat ont sans doute un très grand avenir. L’enjeu aujourd’hui est de s’inspirer des usages des apps de messagerie pour développer son propre produit. Alexandre Jubien cite par exemple le cas de Jam, un service de conciergerie pour les étudiants par sms. Très certainement à suivre de très près.

Cet article est un compte rendu d’une table ronde Girlz In Web de mai 2016 à laquelle ont participé :

– Myriam Saïdi • Appannie / Business Development Manager France & South Europe
– Alexandre Jubien • Mobile strategist
– Alexandra Combeau • Digital and Mobile Marketing Manager
– Grégoire Mercier • CEO Addict Mobile
– Virginie Clève • Digital Strategist largow

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Marketing mobile

Icône et screenshots : une clé de succès pour votre appli mobile

 

Ce sont souvent les grands oubliés de l’App Store Optimisation ou ASO : les éléments visuels. On travaille son titre, son texte, ses keywords et on oublie en fait le plus important : amener les utilisateurs sur la fiche store c’est bien, mais les faire télécharger l’application c’est mieux. Et pour cela, il faut convaincre l’utilisateur dès son arrivée sur la fiche store. Rien de plus efficace que l’icône ou les visuels pour cela.

D’abord parce qu’une icône moche impactera négativement la décision de l’utilisateur de télécharger. Personne ne veut d’une icône moche sur son téléphone. Et puis… une icône moche, cela annonce souvent une appli… moche. Ensuite parce qu’il faut se démarquer des autres applications, dans l’océan quasi infini d’apps à la proposition de valeur identique. En effet, quoi de plus banal qu’une app de météo, de réveil, de todo list, etc. Rien de mieux que le visuel pour cela, à condition de maitriser les principes de base de psychologie de la couleur et du storytelling visuel.

Je vous explique tout cela dans les slides ci-dessous, issues d’une conférence donnée en novembre 2016 aux AppDays. Vos remarques et ajouts sont les bienvenus via les commentaires.

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Produit

Google AMP & Facebook Instant Articles vont-ils faire disparaitre les sites web ?

 

Google AMP, Facebook Instant Articles, LinkedIn Pulse, Google Podium,… : cette « plateformisation » du contenu est-elle une opportunité ou un risque pour les médias et les marques ? Faut-il y aller et si oui comment, avec quelle stratégie et quels objectifs ?

Voici les questions auxquelles vous avons tenté de répondre avec Guillaume Bournizien, Directeur Marketing Digital au journal Le Parisien lors du SMX Paris 2016. Et nous l’avons fait en partageant un maximum de données sur deux canaux récents : Google AMP et Facebook Instant Articles.

La première constatation, c’est que ces deux nouveaux canaux de distribution de contenus ne sont que la préfiguration de ce qui s’annonce : une séparation de plus en plus nette entre la production du contenu (presse, TV, radio tels que nous les connaissons) et leur distribution, qui se déporte vers des réseaux sociaux et des plateformes qui risquent de devenir de véritables média… à la place des médias que nous connaissons.

Il y a donc deux enjeux pour les média traditionnels : monétiser au moins aussi bien sur sur leurs propres supports et préserver la « brand awareness » et la préférence de marque sur des plateformes multi-marques par nature.

Pour le brand content en revanche il s’agit là d’une très grande opportunité. D’abord, parce les marques vont avoir l’opportunité de diffuser des contenus auparavant isolés sur leurs blogs de marque sur de véritables carrefours d’audience où elles ont déjà par ailleurs une importante production de contenu. C’est en particulier vrai pour Facebook.

Ensuite parce qu’elles vont pouvoir bénéficier d’une technologie web en pointe, avec des possibilités d’animations multimédias riches, remplaçant l’antique flash (zoom, maps, sliders, etc.) et mise à disposition gratuitement. Les agences qui avaient fait de leur spécialité la création de contenus numériques pour les marques vont devoir rapidement se repositionner sur le marché de la création et de la distribution de contenu si elles ne l’ont pas déjà fait.

Enfin, parce que toutes ces plateformes sont nativement parfaitement adaptées pour le mobile, garantissant satisfaction utilisateur, UX éprouvée, conversion et souvent… très bon SEO.

Les marques auront-elles encore un blog dans 5 ans ?  On peut en douter. Les blogueurs auront t’il toujours leur WordPress dans 2 ans ? Ca m’étonnerait beaucoup. Les médias diffuseront-ils encore majoritairement leurs articles sur leurs supports dans 5 ans ? On peu très franchement en douter. Mais tous ne seront pas perdants : les marques, les services, le ecommerce ont tout à gagner à y aller. Les médias quant à eu auront fort à faire pour continuer à exister face aux géants du web.

Le site web vit-il ses dernières heures ? J’en suis convaincue.

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Marketing mobile Nouveaux Ecrans

Promouvoir une appli mobile : 15 conseils pour réussir

Emerger sur les stores est devenu de plus en plus compliqué. Les places sont chères et les budgets pas extensibles. Alors comment y parvenir ? Le plus souvent, en mêlant astuces et bon sens, et en mixant les techniques classiques éprouvées et les nouveaux leviers web et mobile. L’objectif final : en mêlant les moyens gratuits et les moyens payants, on optimise ses budgets de campagnes et on fait baisser son cout moyen par installation (ou CPI). Lors des Appdays 2014, la conférence annuelle des développeurs et marketeurs de l’industrie du mobile, nous avons eu l’occasion mon ancienne consoeur de Radio France Solenn Mazuet et moi-même de présenter les principaux leviers que nous avons activé pour accompagner le lancement de plusieurs applis pour la groupe Radio France, dont j’étais jusqu’à cet été Directrice Marketing & Opérations.

Earned, owned, paid et shared

La stratégie gagnante, c’est d’activer dans son mix marketing mobile 4 types de leviers.

Earned, Owned, Shared, Paid : les 4 leviers d'un bon mix marketing mobile
Earned, Owned, Shared, Paid : les 4 leviers d’un bon mix marketing mobile

– Owned : les supports que l’on possède directement ou indirectement. Site internet, plaquettes et supports de communication, appli mobile, profils sociaux, emplacements « physiques » déjà acquis ou déjà payés ans le cadre d’une autre opération

– Earned : les supports que l’on peut acquérir via des actions de communication. Retombée presse, articles de blogs

– Paid : les supports que l’on paie. RTB, social Ads, Adwords, publicité display, affiliation, etc.

– Shared : les supports de partages sociaux. Tweets d’influenceurs et d’ambassadeurs de marque, bouche à oreille, liens depuis des sites ou des blogs

15 conseils pour générer beaucoup de téléchargements pour votre appli

1. Préparer en amont un « Kit promo »

Avoir à sa disposition tous les textes, formats publicitaires, visuels ou vidéo de promo avant la publication de l’appli

2. Faire feu de tout bois

Toute action de communication, tout plan déjà prévu quelque soit son usage peut servir à promouvoir votre appli. Vous avez déjà prévu un flyer pour promouvoir un évènement ? Insérez un encadré de promotion de votre appli avec un lien court type bitly

3. Feu sur l’autopromo

Programmez de l’autopromo display (en ciblant finement, comme pour une campagne payante) sur tous vos supports numériques ou physiques

4. La vidéo de démo n’est pas une option

Elle est incontournable pour votre visibilité sur les plateformes vidéo, pour les partages sociaux et aussi pour votre page appli sur les stores. L’humour est un plus si votre marque s’y prête et que ce n’est pas une « posture » vide de sens. Exemple ici avec la vidéo de démo de l’appli France Bleu foot, présentée par Jacques Vendroux, gâteau irlandais inclus :-).

 

5. Créer un site ou une page dédiée pour votre appli

Et mettez là en valeur par des rebonds sur le site. Linkez-là pour qu’elle se positionne en SEO. Il existe des tas d’outils gratuits ou pas chers pour cela : des outils pour créer une page comme Landr ou des thèmes WordPress tout prêts.

6. Soignez vos pages sur les stores

Elle doivent être lisibles, démontrer les bénéfices produit de votre app. Mettez un soin tout particulier à la réalisation de vos screenshots qui sont cruciaux pour la conversion.

7. Faites de l’ASO ou App Store Optimisation

C’est l’équivalent du SEO, mais pour les applications. 50% des téléchargements sur un store se font via le moteur de recherche interne de celui-ci, alors cela vaut la peine de se pencher sur la question… Post à lire sur Café Référencement pour tout savoir sur l’ASO

8. Pratiquez l’AB testing

L’AB testing dans l’appli c’est cher, mais on peut AB tester son icône, ses screenshots, son texte de présentation et d’autres choses à moindre frais avec un peu d’astuce.

9. N’oubliez pas les blogs spécialisés

Les blogs spécialisés sont très influents en recommandation d’apps. Ne les oubliez pas, et oubliez le blabla marketing pour vous adresser à eux.

10. Inscrivez-vous à des concours d’applis

C’est une autre manière de communiquer et de générer du buzz autour de votre appli.

11. Communiquez avec Apple au bon moment pour espérer un featuring

Il est très compliqué d’être sélectionné par Apple mais pas impossible, à condition de les informer 3 semaines avant le lancement de votre app et de leur envoyer toutes les informations requises.

12. Utilisez les leviers payants

Les adwords, adsense, Facebook ou Twitter Ads peuvent être très efficaces pour générer de l’installation. Admob et iAd aussi. Un mot d’ordre : tester.

13. Viralisez via la Twitter App Card

L’app Card Twitter, c’est gratuit et le taux de clic est très bon. A ne pas oublier…

14. Mettez vos covers sociales aux couleurs de votre appli

La cover est publiée dans le newsfeed sur Google+ et Facebook, sans oublier que beaucoup utilisez Twitter en version web. A ne surtout pas oublier donc…

15. N’oubliez pas la Smart App Banner

Elle permet d’afficher un bandeau proposant le téléchargement de votre appli depuis votre site web, lors de la consultation sur iPhone et iPad. Ca serait dommage de s’en passer… Plus d’infos sur le site d’Apple.

Retrouvez le détail de ces 15 conseils et plus encore dans le support de la conférence et dans une interview sonore réalisée lors des Appdays

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Nouveaux Ecrans UX / UI Design

Ergonomie et conversion sur mobile : les bonnes pratiques

Cet article est la seconde partie du compte rendu de l’App Strategy Workshop qui s’est tenu le 25 septembre dernier à Paris. J’ai eu le plaisir d’animer une table ronde sur l’expérience utilisateur des applications mobiles, à laquelle ont participé Vincent Roussilhon de Blablacar, Louis Rouffineau de La Company, Edouard Andrieu du Monde.fr, et Moritz Daan de Soundcloud. Ces spécialistes, en charge du Product Management dans leur entreprise et passionnés d’UX et d’UI ont partagé avec la salle beaucoup de points de vue et d’informations intéressants sur leur manière d’envisager l’ergonomie et la conversion sur mobile.

L’A/B testing sur mobile

L’AB testing commence à être très répandu et très utilisé sur les sites web. Il existe de nombreuses solutions sur le marché et la quasi totalité des ecommerçants l’utilisent pour optimiser leur taux de conversion. Les medias s’y sont mis aussi, mais plus récemment. Qu’en est-il sur le mobile ? Pour Louis Rouffineau de La Company, il y a encore un manque de maturité en la matière sur le marché français. Il est vrai que la mise en place d’un AB test sur mobile n’est pas aussi aisé que sur le web. C’est encore un SDK de plus à installer, paramétrer et tester. Les coûts et les délais font encore reculer nombre de clients.

Côté Blablacar, on assume ne pas être encore très bon en la matière. Mais c’est une priorité pour 2015, en particulier sur tout ce qui touche à ce que l’on nomme l’ On boarding qui est crucial pour l’adoption de l’app. Qu’est ce que l’ On boarding ? Ce sont les écrans de tutoriel qui s’affichent à la 1ère ouverture d’une application que vous venez de télécharger et qui vous expliquent comment l’utiliser. Même son de cloche au Monde, où l’on prévoit de mettre en oeuvre des tests AB pour la partie abonnement numérique en 2015.

Chez Soundcloud, on a intelligemment contourné le problème des couts d’implémentation techniques d’une solution AB testing en testant via Adwords l’icône de l’appli et les screenshots. Cela semble si évident, mais il fallait y penser !

Crédit photo : Soundcloud
Comment Soundcloud AB teste son icône et ses screenshots via des annonces Adwords – Crédit photo : Soundcloud

Rétention et fidélisation des mobinautes

C’est l’un des grands enjeux pour les développeurs d’applications. En effet, un téléchargement coûte cher (entre 1 et 4 euros). Pour rentabiliser son investissement, il faut arriver à transformer les mobinautes en utilisateurs réguliers. Sur des supports de contenu comme Le Monde ou Soundcloud, le principal levier est clairement le push notification. Plus de la moitié des mobinautes les autorisent, c’est donc une base contactable considérable. En revanche attention à l’excès, trop de pushs conduit à la suppression de l’autorisation par l’utilisateur ; voire à la désinstallation pure et simple de l’application. C’est pour cette raison qu’au Monde, c’est la rédaction qui décide ce qui sera pushé et quand.

Mais les notifications ne servent pas qu’à la génération d’audience. Chez Blablacar par exemple, on les utilise essentiellement pour la qualité de service. L’objectif est pour eux d’améliorer l’expérience utilisateur en fournissant la bonne information au bon moment via une notification. Le push n’est pour autant pas toujours la panacée. Selon Louis Rouffineau, le SMS est parfois plus efficace et moins couteux. Les techniques marketing traditionnelles ont donc encore du potentiel sur mobile…

Un autre moyen de générer de l’audience à peu de frais, ce sont bien sûr les partages sociaux. Pour augmenter la partageabilité, l’ergonomie des boutons est cruciale. Soundcloud a beaucoup travaillé cet aspect dans son player, entièrement revu pour être plus épuré. Moins de boutons et des libellés simples, ce sont autant de chances d’augmenter les signaux sociaux.

Gérer l’attente

L’attente sur mobile… cette plaie que nous vivons quotidiennement selon la qualité de notre connexion réseau, en particulier dans les transports. Si les développeurs d’applications ne peuvent pas faire grand chose pour accélérer la connexion, ils peuvent cependant arriver à distraire un peu l’internaute et à donner l’impression au mobinaute que le temps plus vite.

Sur ce point, Louis Rouffineau est catégorique : la meilleure pratique est de charger la structure vide afin que le contenu y apparaisse au fur à mesure du chargement, et surtout de ne pas mettre de splash screen en ouverture, à moins que l’on n’aie des contraintes techniques imposant cet état de fait. Même son de cloche chez Blablacar où l’on a supprimé l’écran d’accueil depuis un moment et ou l’on travaille sur la taille de l’application au global, afin qu’elle prenne le moins de place possible dans le téléphone. Il est vrai que lorsqu’on a besoin d’espace disque, on s’attaque en premier aux applis les plus gourmandes…

Chez Soundcloud, on a gardé le splash screen, mais un très gros travail d’optimisation technique sur le chargement a été réalisé pour qu’il ne s’affiche quasi jamais. Et effectivement, je ne l’ai personnellement quasi jamais aperçu. Une belle performance car l’application charge quand même des fichiers sons, plutôt plus lourds que du texte.

Dans le secteur média, l’écran d’accueil reste cependant la norme, et Edouard Andrieu du Monde nous explique pourquoi : il est indispensable pour masquer le chargement de l’interstitiel publicitaire. Il sert également à charger en arrière plan les premiers contenus mis à jour, afin qu’à l’ouverture de l’application on puisse proposer au lecteur les contenus les plus frais possibles.

Sur la question de la gestion de l’attente sur mobile, je vous recommande l’excellente présentation d’Amélie Boucher à Paris Web 2013 qui résume tout ce que l’on peut faire pour améliorer la perception de l’internaute de l’attente sur mobile.

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Social Media

Tirer parti de Youtube pour développer son audience

100 heures de contenu sont uploadées sur Youtube chaque minute, 500 ans de vidéos y sont vues chaque jour, 700 vidéos Youtube sont partagées chaque minute sur Twitter. Des chiffres qui donnent le vertige… et qui incitent fortement à développer la visibilité de sa marque sur la plateforme.

Lors du Google for Media Summit à New York fin juillet dernier, Valérie Streit qui est en charge chez Youtube de la diffusion des bonnes pratiques sur le secteur média et la politique a donné beaucoup de conseils aux éditeurs pour améliorer leur visibilité sur la plateforme.

La vignette et le titre, des éléments indispensables

Pour générer de l’audience, il faut bien choisir sa vignette image et son titre, qui doivent appeler au clic et au partage. Ce sont les principaux gages de viralité.

La vignette doit :
– Etre lumineuse, nette, de bonne qualité
– Ne pas contenir trop de texte
– Etre claire et lisible sur tous les devices

Allonger la durée de visionnage au maximum

Le fait que la vidéo soit visionnée en entier influe sur les classements dans les pages de résultats de recherche de Youtube car c’est un signe de bonne qualité du contenu. A savoir : La durée moyenne d’une vidéo sur Youtube est de 3 minutes et 35 secondes mais pour Valérie Streit, il n’y a pas de longueur idéale. Il faut se concentrer sur le fait de proposer un bon contenu, rythmé et disposant d’un montage travaillé plutôt que sur la durée de la vidéo.

Le taux de rebond influe aussi. Youtube compare le pourcentage de lecture de votre vidéo et le taux de rebond sur la page de celle-ci avec les données équivalentes pour les autres vidéos de la même thématique disponibles sur la plateforme. Il ne faut donc pas seulement avoir du bon contenu bien optimisé, il faut avoir du meilleur contenu mieux optimisé que celui de l’univers de concurrence. Il faut aussi bien calibrer la durée des vidéos que l’on propose afin qu’elles soient en maximum lues jusqu’au bout.

Le autres critères de classement

Ce sont tous des critères d’engagement, ce qui semble vraiment logique :

– le nombre de mises en favoris
– le nombre de souscripteurs à votre channel
– le nombre de likes et dislikes
– le nombre de partages
– le nombre de commentaires
– les clic sur les annotations (des overlays clicables qu’on peut ajouter à la vidéo)

Le Live streaming

Valérie Streit conseille de tester le live streaming pour ses qualités d’interactivité et d’engagement des utilisateurs : le live permet de cultiver la conversation avec les internautes et de rendre les marques plus proches. Pour elle, ce format est intime, contrairement au broadcast classique. Il appelle le commentaire et l’interaction.

Le live peut produire une très grosse audience à condition de disposer d’un plan de promotion de celui-ci par tous les canaux à votre disposition : homepage du site, réseaux sociaux, autopromo,… Il faut partager le lien vers le live partout ou cela est possible.

Stratégie d’acquisition

On l’oublie souvent, mais ce sont VOS habitués sur VOS supports (appli, site, page Facebook, etc.) qui sont la première population à cibler : il faut tout mettre en oeuvre pour les convertir en abonnés Youtube. Les vidéos embeddées ont un grand rôle à jouer dans la mise en place de cette stratégie ; que ce soit sur le site ou via les posts vidéos sur Facebook ou Twitter.
Il ne faut pas oublier non plus les liens croissants entre Google+ et Youtube…
La question à se poser c’est : « qu’est ce qui ca faire qu’on aura envie de partager mon contenu ? »

Un second axe, c’est la cross promotion. Là encore il s’agit d’une méthode gratuite et souvent oubliée. Jouez la collaboration avec d’autres chaines de votre réseau ou des chaines amies pour augmenter votre reach.
La chaine Youtube CNN-Buzzfeed est un exemple réussi de ce que ce type de collaboration peut apporter.

La chaîne Youtube commune CNN et Buzzfeed
La chaîne Youtube commune CNN et Buzzfeed

Quand poster ?

Le « prime time » sur Youtube est autour de 19H et se prolonge jusqu’à 22h, mais c’est aussi le moment ou la concurrence entre les vidéos est la plus forte.
Pour les contenus longs, le week-end est définitivement le meilleur moment.
Valérie Streit conseille de tester divers horaires afin d’identifier celui qui correspond le mieux à la cible de chacun.

L’essentiel des vues d’une vidéo interviendront dans les 72h, avec un pic les 2 premières heures, le moment où l’on poste est donc à choisir avec soin.

Google Hangout

Valérie Streit conseille de faire un montage de 1 ou 2 minutes des meilleurs moments d’un hangout récent grâce à l’outil « Timestamp link »

Ces derniers mois, Google met beaucoup d’énergie dans la promotion de ce produit pour pousser à son adoption massive. Pour le moment, les résultats sont faibles en France mais on commence à voir un bon nombre d’expérimentations.

Les outils à disposition des éditeurs et des journalistes

Youtube Creator Playbook
– Analytics et gestion de channel sur mobile : YouTube Creator Studio
Guide pour débuter dans le live streaming

Comme pour à peu près tout dans l’univers numérique, pour réussir il faut tenter, mesurer, modifier, relancer et voir ce qui fonctionne pour sa propre audience.