Catégories
Marketing mobile

Applis mobiles : comment toucher les jeunes ?

 

Le public jeune sur mobile est un public qui zappe. Un bug, un lag, et c’est la désinstallation. Du contenu pas assez utile ou engageant ? Il est déjà passé à autre chose. Pas facile donc de capter son attention, de la retenir et surtout de lui proposer une expérience d’utilisation stisfaisante, tout en conservant une monétisation correcte.

Comment toucher les millenials

Alexandra Combeau, spécialiste en marketing mobile en est convaincue : pour toucher les jeunes, il faut faire un app qui corresponde parfaitement à leurs besoins. Pourquoi Snapchat est un raz de marée ? Parce que l’app est faite exactement sur les besoins du public jeune. Effectivement, Snapchat est aujourd’hui utilisé par 85% des moins de 18 ans, autant dire qu’elle est incontournable. Et si elle correspond si bien à leurs besoins, c’est qu’elle a été pensée entièrement en fonction de la fameuse pyramide de Maslow.

(c) Alexandra Combeau

 

Ensuite, pour réussir, il faut aller chercher ces utilisateurs là où ils sont, et ce n’est pas plus difficile que pour une autre cible, à condition d’utiliser les canaux adaptés. En revanche, attention prévient Grégoire Mercier, spécialiste du marketing mobile à la performance , il y a des formats pub qu’ils n’aiment pas du tout : tout format intrusif va générer un rejet immédiat, il faut absolument les éviter.

Un autre levier puissant pour toucher les jeunes, c’est le communautaire : faire recruter par ses propres utilisateurs les plus engagés de nouveaux utilisateurs cela marche extrêmement bien selon Alexandra Combeau. Le bouche à oreille reste lui aussi très efficace, la puissance de la recommandation sociale ne se dément pas. Pour aller plus loin, on peut également passer par les influenceurs. C’est ce que recommande Alexandre Jubien pour qui c’est un levier extrêmement puissant. Un bon exemple d’utilisation de ce levier est l’application Lipp et qui utilise les vidéos des influenceurs sur Snapchat.

Des startups de l’App Economy beaucoup plus matures utilisent également ce levier. C’est le cas par exemple de Lovoo (service de rencontres) en Allemagne qui fait ainsi la promotion de son appli.

 

Comment faire télécharger les millenials ?

S’il n’est pas très compliqué de toucher les jeunes, il est en revanche moins aisé de les faire télécharger une nouvelle application. Entre peu de place sur le téléphone et « app fatigue », il faut en moyenne 3 expositions au message avant d’obtenir un téléchargement sur cette cible.
Sur les réseaux sociaux avec les social ads on a un vrai carrefour d’audience et un targeting fin qui donne de bons résultats. Ailleurs, c’est plus compliqué.

 

Par exemple, la cible jeune passe énormément de temps sur les apps de messagerie mais il n’a pas de publicité dans la majorité des apps de de ce type. Pour le moment il est quasi impossible de passer par là pour déployer une stratégie d’acquisition. Viber, tango, Line font de la publicité mais cela reste naissant pour Grégoire Mercier. En réalité les apps majeures ne veulent pas trop y aller pour l’instant, en tout cas pas avant d’avoir acquis une base d’utilisateurs fidèles de beaucoup plus grande ampleur.

Reste un secteur très porteur, celui du jeu. En effet, les applis de jeux représentent un gros volume d’usage . C’est une bonne piste pour une campagne d’acquisition sur la cible millenials (Webedia a par exemple racheté Scimob et Gameloft a crée sa DSP pour diffuser de la publicité premium au sein de leurs jeux note Grégoire Mercier). L’utilisation des outils de download incentivés comme Tapjoy peut être encore utile pour générer du download, surtout par la partie vidéo, note également Alexandra Combeau.

Une autre piste intéressante, comme le remarque Alexandre Jubien, c’est de créer une application de jeu brandée. C’est la stratégie qu’ont suivie Milka et Oasis, avec des résultats franchement bluffants : plus d’1 million de téléchargements pour Milka et 16,5 millions de parties jouées.

Dans tous les cas, passer par des prescripteurs est indispensable. Si l’on regarde Melty par exemple, 56% de son audience se fait sur mobile, avec une énorme audience jeune. C’est l’un des plus gros prescripteurs en France. Attention toutefois, note Alexandre Jubien :  il est nécessaire d’adapter aussi le message. Le marketing de masse ne marche pas avec les jeunes.

 

Gestes, navigation : peut-on tout se permettre ?

Alexandre Jubien en est convaincu, sur la cible jeune, on n’est pas forcément dans l’application des principes UX standards. En fait on est même souvent face à un travail d’expérience utilisateur beaucoup plus compliqué. On peut (et même on doit ?) innover en terme d’interface. Et pour cela, l’idéal est de privilégier les designers jeunes, en phase avec les attentes du public Millenial.

Pour Grégoire Mercier, s’il faut que les fonctionnalités principales soient claires, il est important d’apporter du cool avec de la découverte de nouvelles fonctionnalités cachées. De mon côté je suis convaincue depuis longtemps que si Snapchat plait autant, c’est avant tout parce que l’app est contrintuitive, et segmentante.

En gros, elle est « interdite aux adultes » qui n’ont tout simplement pas les clés pour l’utiliser. C’est ce qui en fait le charme, mais surtout l’intérêt. Au delà, le nombre incroyable de vidéos Youtube détaillant des fonctions cachées démontre le côté ludique et communautaire de ce principe de design. Savoir utiliser les fonctions avancées de Snapchat, c’est swag.

Alexandra Combeau confirme : « l’effet Kinder Surprise » ça marche ! Elle l’a souvent vérifié auprès du public des gamers qu’elle connait bien. Et ça marche encore mieux auprès des utilisateurs les plus engagés dans le jeu.

 

Revenu inapp : quelle spécificités ?

Grégoire Mercier enfonce le clou : c’est beaucoup plus simple de générer du revenu inapp sur le public jeune que sur les cibles plus agées. Les faire payer pour du contenu virtuel n’est pas un frein, pour eux c’est une rémunération logique. Alors que pour les plus de 40 ans c’est un pas pas si simple à franchir.

Alexandre Jubien tempère. En effet, dans la musique cela reste très compliqué de monétiser sur la cible jeune. En effet, ils ont des revenus plus faibles et, note Alexandra Combeau, la panier moyen est moins élevé. Les « baleines », ces joueurs qui « font » la majorité de la monétisation d’un produit à achats InApp ne sont jamais des jeunes.

 

Et la suite ?

Les bots messenger et les apps dont l’interface est un tchat ont sans doute un très grand avenir. L’enjeu aujourd’hui est de s’inspirer des usages des apps de messagerie pour développer son propre produit. Alexandre Jubien cite par exemple le cas de Jam, un service de conciergerie pour les étudiants par sms. Très certainement à suivre de très près.

Cet article est un compte rendu d’une table ronde Girlz In Web de mai 2016 à laquelle ont participé :

– Myriam Saïdi • Appannie / Business Development Manager France & South Europe
– Alexandre Jubien • Mobile strategist
– Alexandra Combeau • Digital and Mobile Marketing Manager
– Grégoire Mercier • CEO Addict Mobile
– Virginie Clève • Digital Strategist largow

Catégories
Nouveaux Ecrans

Google AMP : top 10 des éditeurs en septembre 2016

 

Google AMP a fêté ce moi-ci son 1er anniversaire et j’ai le plaisir de partager avec vous de nouvelles stats exclusives concernant Google AMP pour la France, grâce aux datas fournies par l’outil Google News / Google AMP NewsDashboard. Un an après le lancement, un grand nombre des éditeurs media majeurs ont a présent rejoint la plateforme, (à l’exception majeure du Monde, du Figaro et de l’Equipe, ce qui n’est pas rien). Depuis le classement publié en mai 2016, le top 10 a beaucoup évolué. Si le duo de tête reste inchangé (20 minutes assez largement devant Le Parisien), le reste du classement a beaucoup bougé.

D’abord parce qu’il y a eu depuis lors de nouveaux sites qui ont rejoint la plateforme, comme Le Point ou PurePeople, ensuite car il y a eu des évolutions de périmètre de plusieurs sites majeurs. France TV Info et France Info ont ainsi fusionné fin aout, tandis que le groupe TF1 a regroupé ses 3 marques Métronews, LCI et My TF1 News sous la bannière unique de LCI. Si la fusion FTV Info/ France Info a été largement bénéfique à la marque unique France Info, les classement de TF1 ont très sensiblement reculé avec les fusion des 3 sites de news du groupe.

Top 10 des éditeurs sur Google AMP entre Mai et septembre 2016
Top 10 des éditeurs sur Google AMP entre Mai et septembre 2016 (Source : NewsDashboard)

On remarque une forte poussée des sites de lifestyle ces derniers mois. Melty, qui était absent du top 10 en juin est 8è sur la moyenne des 6 derniers mois et même 3è au mois de septembre. PurePeople se hisse quant à lui en 10è place. On note l’entrée des Echos en 7è place en septembre, et qui était absent du top 10 jusqu’alors, bien que partenaire officiel d’AMP depuis son lancement.

Le classement, qui était jusqu’alors dominé par l’actualité généraliste commence donc à s’ouvrir au lifestyle, et cela devrait encore progresser dans les mois à venir. Après la période faste des débuts, la concurrence devrait commencer très vite à être féroce, à mesure que l’audience progresse en volume et que le nombre des sites rejoignant la plateforme augmente. On évoque entre 3 et 20% de l’audience totale, selon les sites, ce qui est considérable et qui s’explique notamment par la présence massive de d’AMP dans Google News (application et site mobile). Etre absent d’AMP aujourd’hui, ou être peu visible dans les carrousels AMP, c’est voir son audience Google actualités reculer massivement.

Top 10 des éditeurs sur Google AMP en septembre 2016
Top 10 des éditeurs sur Google AMP en septembre 2016 (Source : NewsDashboard)

Les résultats AMP sont affichés de deux manières : sous forme de liens simples en milieu de page et sous forme de carrousels imagés en haut de page. Evidemment, ce sont les carrousels qui apportent le plus d’audience, et de très loin. C’est donc là qu’il est prioritaire d’être visible. Si l’on se concentre sur la visibilité dans le carrousel AMP, on note que le top 10 est assez différent, ce qui tend à prouver que si certains sites sont très bons sur les résultats texte, ils peinent encore à remonter dans les résultats carrousels à forte audience.

Top 10 des éditeurs dans le carrousel Google AMP entre mai et septembre 2016
Top 10 des éditeurs dans le carrousel Google AMP entre mai et septembre 2016 (Source : NewsDashboard)

Si le classement des 6 premiers du top 10 est exactement identique en visibilité carrousel et en visibilité globale, il n’en est pas de même pour le reste du classement. LCI qui est absent du top 10 tous résultats confondus, se hisse à la 7è place en septembre pour le carrousel alors qu’à l’inverse, Les Echos, 7è au classement général n’est que 9è pour le classement carrousel. Idem pour Purepeople qui n’arrive pas à se hisser dans le top 10 pour le carrousel.

Top 10 des éditeurs dans le carrousel Google AMP en septembre 2016
Top 10 des éditeurs dans le carrousel Google AMP en septembre 2016 (Source : NewsDashboard)

On peut s’attendre à encore de nombreux changements dans les mois à venir. Rendez-vous dans quelques semaines pour un nouveau classement.

Catégories
Produit

Apple News : le test complet

Apple News est le nouveau lecteur d’actualités d’Apple, qui sortira en même temps qu’iOS 9, à l’automne. Son principe est assez similaire à celui de Flipboard : proposer en une seule application la lecture de d’actualité dans une interface ergonomique, fluide, unifiée et véloce. A première vue, rien de si extraordinaire. Et pourtant, dès la première ouverture on est réellement séduit.

Des avantages concurrentiels très forts

Une expérience utilisateur quasi parfaite

Il faut dire qu’Apple fait très fort. Cette application est un véritable modèle en terme d’ergonomie utilisateur et surpasse très largement en qualité ce que proposent la grande majorité de media, qu’ils soient français ou US. Au delà du design, très clean et attrayant, évidemment responsive et qui fait la part belle au contenu, ce que je retiens surtout c’est que le concept produit est simple, très simple. Cela garantit une prise en main immédiate et sans effort.

De la personnalisation

L’appli est également intelligente. Elle apprend au fur et à mesure de mes lectures quels sont mes centres d’intérêt pour me proposer des recommandations personnalisées. Et selon mes premiers tests, il semble que ce soit l’une des fonctionnalités les plus réussies de l’app. Le moteur de recommandation est diablement efficace.

La pré-installation

Le point fort qui pourrait bien faire basculer l’éconsystème de la consommation d’actu sur mobile, c’est la présence de l’app de manière native sur tous les téléphones de la pomme. Se passer du principal frein à l’adoption qui est le téléchargement, voilà qui met d’emblée Apple News en position de force.

Un grand nombre de partenaires dès le lancement

Apple a bien préparé son lancement avec un très grand nombre de grands noms de la presse US disponibles dans l’application au lancement. Nul doute également qu’un grand nombre de ces media communiqueront eux-aussi sur leur présence dans Apple News, démontrant ainsi leur modernité et leur réactivité aux évolution numériques. Coup double.

apple-news-medias-partenaires

Pour les éditeurs, pas de frein technique à l’entrée

Quand Apple conçoit ce type de produit, il ne pense pas seulement à l’expérience pour son utilisateur final mais aussi à celle des fournisseurs de contenu. En effet, rien de tel pour louper un lancement produit que des freins techniques à l’entrée pour des partenaires potentiels. Soumettre son site à Apple News est donc simple… comme un flux RSS !

On ajoute son flux RSS, on remplit un questionnaire en quelques pages (là aussi, au est au top niveau en terme d’UX), on soumet son logo et… c’est tout. En 5 minutes maximum vous avez soumis votre site à Apple News.

Il existe évidemment des petits ajustements à réaliser pour certains sur la mise en page, que vous verrez dans la démo en vidéo ci-dessous. L’éditeur garde également le choix de proposer la totalité de son contenu, ou seulement un extrait.

Un nouveau canal de distribution de contenus

Tout comme avec Facebook Instant Article, l’utilisateur reste dans l’univers Apple, sans jamais aller sur le site de l’éditeur. Le modèle est ainsi radicalement différent de celui de Google News qui est un « hub » renvoyant directement du trafic vers les sites media.

Pour le stats, il faudra passer par Apple car (officiellement pour des raisons de temps de chargement des pages) il ne sera pas possible pour les éditeurs de poser le code de tracking de leur solution d’analytics habituelle.

Pour la publicité, c’est idem, il faudra passer par iAd, la régie mobile d’Apple, à priori sur un modèle de partage de revenus ; quoique l’on ne dispose à ce jour que de peu d’éléments. En particulier on ne sait pas quels seront les formats publicitaires qui y seront délivrés. Mais la méthode utilisée par Apple pour intégrer certaines publications qui l’intéressent cause déjà quelques remous outre Atlantique. Elle se fonde en effet sur la politique de l’optout : on va vous intégrer, si cela ne vous convient pas, contactez-nous pour nous le dire, sachant que dans tous les cas vous faites votre affaire de toute question de droit d’auteur. On ne peut plus cavalier !

Le principal avantage tout de même à une monétisation publicitaire via Apple sera d’échapper aux ad Blockers qui vont arriver avec iOS 9 également à l’automne sur tous les iDevices. L’inconvénient c’est que l’éditeur va totalement perdre la maitrise de sa commercialisation publicitaire sur ce canal.

Si ce moyen de distribution des contenus semble prometteur pour les acteurs des media, en particulier ceux qui ciblent une population CSP+, il est également synonyme d’encore un peu plus de perte de contrôle sur la data et d’une désintermédiation toujours plus forte. Il n’est pas impossible qu’Apple News soit, dans le fond, beaucoup plus intéressant pour de petits acteurs qui vont ainsi bénéficier d’une nouvelle vitrine de qualité que pour les gros qui vont voir baisser de plus en plus l’audience de leurs propres supports.

Quid de la censure ?

On connait la pudibonderie d’Apple et de Facebook. Que va t’il se passer pour les articles dont le propos ou les images leur paraitront choquants/trop violents/contraires aux bonnes moeurs ? Apple va t’il les bannir comme il le fait pour l’App Store ? C’est un point sur lequel journalistes et éditeurs devront rester très vigilants.

Pour le moment, c’est le flou le plus total côté Apple. Quoique les dernières annonces de recrutements de journalistes, visiblement pour News avec pour mission de la curation de contenus, incitent à penser qu’il y a une vraie volonté d’éviter les biais de la modération non éditoriale que l’on voit sur les autres produits de la pomme. A suivre…

Et bientôt de l’Apple News SEO ?

Dès la prise en main certains critères de ranking semblent se détacher, il semble donc y avoir moyen de faire de l’optimisation de visibilité sur Apple News. On remarque également que la curation se fait par thèmes et par nom de publication, avec une structuration documentaire de l’information associant thème et sous-thèmes. La encore, il y a matière à travailler l’acquisition de visibilité.

Catégories
Nouveaux Ecrans

App Store Optimization : les points clé pour réussir son ASO

Lors de l’App Strategy Workshop le 21 Mai dernier à Paris, j’ai eu le plaisir d’animer une table ronde sur l’App Store Optimization, ou ASO, c’est à dire l’optimisation des applications mobiles pour la recherche dans les magasins d’apps. Cette table ronde a réuni plusieurs des meilleurs spécialistes français de la question, dont Alexandra Combeau de Karos, Grégoire Mercier de Mobile Addict, Guillaume Sicard de Vizapp et Benjamin Lorthiois de Cellfish.

Ces experts, en charge du marketing mobile et de l’ASO dans leur entreprise ont partagé beaucoup de points de vue intéressants et de conseils sur les bonnes pratiques en App Store Optimization : organisation, principaux critères de classements, l’impact des éléments visuels, beaucoup de bons conseils à retirer de ce workshop.

De droite à gauche : Alexandra Combeau, Grégoire Mercier, Guillaume Sicard; Benjamin Lorthiois et Virginie Clève
De droite à gauche : Alexandra Combeau, Grégoire Mercier, Guillaume Sicard, Benjamin Lorthiois et Virginie Clève

Quand et comment mettre en place l’ASO

Pour Benjamin Mercier, il est clair qu’il faut le faire le plus tôt possible,  avant même la création de l’appli, afin d’évaluer le potentiel dans les stores en terme de nombre de téléchargements. C’est un travail tout d’abord orienté produit, puis un travail entre l’équipe acquisition et l’équipe produit.

Mais ce travail ne s’arrête pas une fois l’application lancée. Alexandra Combeau insiste sur le fait que c’est un travail de fond, à mener tout au long de la vie de l’app. l’ASO doit suivre le cycle de vie du produit. Chez Karos, c’est l’équipe marketing qui s’en charge. Grégoire Mercier précise qu’il faut mettre en place un processus d’itérations sur les mots clés afin de supprimer ceux qui ne performent pas et en tester régulièrement de nouveaux.

Guillaume Sicard quant à lui conseille de passer d’abord par un store alternatif Android pour tester sur 3 semaines la performance de l’optimisation de la fiche, en conditions réèlles. Un bon nombre d’acteurs du gaming utilisent cette technique selon lui.

Comment réussir son icône

Pour se distinguer, être disruptif peut être une bonne idée. Guillaume Sicard conseille de tester un format original sur Android (impossible sur l’App Store, ou l’icône sera forcément carrée à coins arrondis) par exemple un rond sur fond carré transparent. On se détache ainsi fortement des autres icônes sur le springboard du smartphone.

Mais on ne réussit pas à tous les coups. Parfois, il faut tout changer quand on se rend compte que cela ne fonctionne pas. Cela a été le cas pour Grégoire Mercier au lancement de son jeu Picsquizz. L’icône peut vraiment faire la différence entre une application qui fonctionne et une qui ne fonctionne pas. Certaines études montrent que l’icône rentre à 25% en ligne de compte dans le choix de télécharger ou non une application.

Alexandra Combeau insiste sur le fait que l’icône est à travailler avec le produit et en fonction de l’univers de concurrence. L’ensemble doit être cohérent. Un petit plus sur Google Play : la possibilité d’évènementialiser l’app en modifiant l’icône. C’est une tactique très employée par l’univers du gaming, par exemple à noël ou à Halloween. L’icône pourrait, selon certaines analyses, permettre de générer 15% de téléchargements additionnels si elle est très réussie.

Un autre élément important sur lequel Alexandra a attiré notre attention : une icône refondue, cela veut dire pour l’internaute que l’app a fait l’objet d’une mise à jour importante. Plutôt utile pour réactiver des utilisateurs dormants parcourant les écrans de leur smartphone… Un autre avantage de Google Play par rapport à l’App Store, c’est de pouvoir avoir une icône différente par pays, e s’adapter ainsi aux gouts locaux. Certainement une piste à creuser.

Les principaux critères ASO

Pour Grégoire, ce sont et de loin les screenshots. Ils sont la première chose que l’on voit en faisant une recherche dans le store, et en arrivant sur la fiche. La force de l’image sur le texte est pour lui indubitablement le premier vecteur de conversion.

Pour Alexandra, les critères ne sont pas les mêmes si l’on parle de quali ou de quanti. Pour elle, ce qui va le plus influencer les téléchargements, ce sont le titre de l’app et les mots clé (sur iOS) et le titre de l’app et sa description (sur Google Play). Mais ce qui va le plus influencer la conversion, c’est plutôt la note globale, l’icône et les screenshots.

Guillaume Sicard enfonce le clou : la note globale et les commentaires ont un impact très fort sur la performance sur Google Play.

Benjamin Lorthiois quant à lui attire notre attention sur le fait qu’une des questions cruciales qui est selon lui un point clé de l’ASO, c’est de trouver le point de bascule à partir duquel on va obtenir une place suffisante dans les classements (via des campagnes payantes) pour déclencher des téléchargements organiques. C’est l’un des points sur lesquels l’équipe marketing mobile de Cellfish travaille en continu.

La vidéo de démo : indispensable ou gadget ?

Alexandra est catégorique, pour elle c’est un must car un très bon vecteur d’acquisition. Elle rappelle que selon une étude récente, on pourrait atteindre jusqu’à 16% d’installations en plus avec l’app Preview sur App Store.

Grégoire Mercier est quant à lui lui nuancé. En théorie c’est bien, mais en pratique cela peut être contreproductif si la vidéo n’est pas de très bonne qualité. Si vous n’avez ni le temps ni les moyens, concentrez-vous plutôt sur les visuels.

Guillaume Sicard est quant à lui sceptique sur l’intérêt de la vidéo de démo. Pour lui cela dépend des vidéos. Et insiste sur le fait qu’on n’a pas de données concrètes, et qu’en réalité, personne ne sait vraiment si ça marche.

Mesurer les effets de l’ASO

C’est loin des points critiques, car il est en effet très difficile de mesurer les effets de l’App Store Optimization.

Concernant le suivi de performance de toutes les sources d’acquisition, Benjamin Lorthiois conseille Mobile App tracking qui lui permet de déterminer le taux de transformation sur l’organique et AppAnnie pour le benchmark de ses concurrents et le suivi mots clés. App Annie lui permet également de suivre l’effet halo entre payant et gratuit.

Guillaume Sicard quant à lui recommande Sensor Tower, qui est un outil reconnu pour le suivi mots clés sur les stores, ainsi que son propre outil, Vizapp, dont le lancement est prévu pour bientôt… A suivre donc.

Alexandra Combeau propose de passer chaque optimisation dans une mise à jour différente, de manière à mesurer les effets de chaque élément sur la courbe de téléchargements et d’utilisateurs actifs. Elle recommande aussi de pratiquer quelques tests AB sur des visuels via Adwords ou Facebook Ads.

Pour les plus riches d’entre nous, Grégoire Mercier conseille Store Maven, qui permet de simuler totalement le store et donc de récupérer des métriques complètes. Cette maitrise a clairement un cout… Autre solution, les interfaces App Analytics d’Apple qui donnent de plus en plus d’informations sur ce qui se passe sur l’App Store.

Le titre de l’app : entre App Store Optimization et image de marque

On voit de plus en plus d’applis dont le titre est très long, rempli de mots clés et peu sexy. J’ai donc demandé aux 4 experts leur avis sur la question. Alors, on privilégie l’optimisation ou le style ?

Pour Guillaume Sicard c’est très clair, les abus d’optimisation sur le titre ont un impact négatif sur l’image de marque. Il précise que même si l’espace alloué pour le titre est important au remplissage de la fiche, celui-ci est tronqué ou bout de 20 à 30 caractères et que par conséquent il vaut mieux faire court et ne pas mettre plus de 2 ou 3 mots clés maximum.

Benjamin Lorthiois nuance : tant que la marque n’est pas forte, il est nécessaire d’être descriptif et de dire dans le titre ce que fait l’app sinon cela ne convertit pas. Chez Cellfish, les titres des applis ont du reste été rallongés pour mettre plus descriptifs et ils sont satisfaits des résultats.

Attention nous précise Grégoire Mercier, Apple déteste l’abus d’ASO et un titre à rallonge pourrait vous desservir au moment ou Apple choisit les applications qu’il va mettre en avant éditorialement sur la home du store.

________________________

Pour en savoir plus sur cette table ronde, vous pouvez lire le compte-rendu qu’en a fait Alexandra Combeau ou

Regarder la vidéo intégrale de ce workshop

Retrouvez les experts sur les réseaux sociaux : 

Alexandra combeau @mayaheine
Grégoire Mercier @gregmercier
Guillaume Sicard @vizapp
Virginie Clève @largow